Welkam to Solomon Islands, the Happy Isles

02 novembre 2016

La dernière fois, on vous avait laissé sur l’ile d’Espiritu Santo au Vanuatu. Avant de vous parler de notre périple aux Iles Salomon, on voudrait encore juste vous parler du rapide crochet aux Banks Islands.

En quittant le nord d’Espiritu Santo, on met le cap sur l’île de Santa Maria (ou Gaua) où on va y passer quelques jours pour faire une belle randonnée jusqu’au volcan Garet, qui surplombe le lac Letas. La randonnée dans la jungle, en compagnie de nos deux guides qui partagent avec nous leurs connaissances de la nature,  est magnifique. Et le spectacle de ce volcan actif est tout aussi splendide.

Ensuite, cap sur l’île de Vanua Lava et « sa ville », Sola, pour faire notre clearance de sortie. La paperasse est vite liquidée et on ne s’y attarde pas car une autre île nous intéresse et elle se trouve à une quinzaine de miles au nord-ouest. Il s’agit de Urepaparapa, ou, ainsi qu’on a décidé de la nommer, l’île Pacman (il suffit de voir sa forme sur une carte pour comprendre). Il s’agit d’un ancien volcan et la particularité c’est qu’on peut y mouiller au centre de l’ancien cratère.

Cette fois ça y est, on met le cap sur les iles Salomon. La première destination sera la capitale, Honiara, sur l’ile de Guadalcanal, pour y faire les formalités d’entrées.

La traversée de 500 miles est liquidée rapidement car les conditions sont tout simplement parfaites. 25 nœuds de vent au portant, une mer plate, le génois tangonné et des vitesses qui feraient rêver tous les propriétaires bretons de bateau en acier.

Tout se passe pour le mieux au niveau des formalités et les agents de la biosécurité viennent même à bord pour tourner un petit film de promotion. Sachez donc que, dorénavant, si vous atterrissez à l’aéroport international d’Henderson Field, vous verrez nos jolies têtes à la télé !

Pour changer un peu et au lieu de vous parler tous le temps de nos diverses escales, on a décidé cette fois d’aborder quelques thèmes simples qui font partie de notre quotidien aux Iles Salomon.

La navigation et la météo

Pas si facile de naviguer entre les iles et dans les lagons. Les cartes marines sont rares et souvent inexactes. On a certes rendu une petite visite au département hydrographique à Honiara pour y trouver une carte détaillée du Marovo Lagoon mais cette dernière date de 35 ans en arrière, une époque où les Anglais étaient encore là. Heureusement, on nous donne les coordonnées GPS de certaines bouées et on va se débrouiller avec ça. Par conséquent, la navigation se fait à l’œil et seulement par temps clair afin d’être sûr d’apercevoir les nombreux récifs à temps.

Trouver la passe au milieu

Peava, Nggatokae Island

L’eau y est heureusement souvent assez claire

Mbili Passage

Un homme devant pour veiller à ne pas égratigner le bateau

Marovo Lagoon

Il faut trouver son chemin dans le lagon

Marovo Lagoon

Vonavona Lagoon

Et surtout il faut également trouver un bon mouillage pour éviter de passer des heures à plonger et démêler la chaine qui s’est entourée autour des patates de corail.

Viru Harbour sur New Georgia Island (bon)

La petite ville de Munda et le Roviana Lagoon (bon)

Liapari Islands, Vella Lavella (bon)

Seghe sur New Georgia Island (pas bon !)

En ce qui concerne la météo, les Iles Salomon se trouvent le plus souvent dans une zone de convergence donc il faut oublier les vents réguliers (et le vent tout court) et s’habituer à se prendre de temps en temps des trombes d’eau en pleine face.

Le calme plat

Rendova Island

Là, il y a des chances qu’on se prenne un peu de pluie

Kula Gulf, Kolombangara

Fin de journée brumeuse

Vonavona Lagoon

Un beau coucher de soleil

Munda, New Georgia

Pas besoin de vous préciser que la chaleur est étouffante. Si on rajoute encore celle du moteur qui a tourné toute la journée (ben oui, y’a pas de vent !), on finit par transformer son bateau en sauna flottant. Bien sûr, il y a toujours l’option de se jeter à l’eau pour se rafraichir mais comme elle a environ 34° et que bien souvent, on nous dit que le coin est infesté de crocodiles, on hésite quand-même un peu.

La nourriture

On ne va pas vous mentir, on a en un peu ras le bol de la kassava, des bananes et des kumalas. Par contre on se lasse difficilement des langoustes et des crabes de cocotier. Côté poisson, c’est pas la pêche miraculeuse, mais de temps en temps on a un peu de chance. De toute façon, on a meilleur temps d’acheter notre poisson dans les marchés. Si on compte tout l’argent qu’on a balancé à acheter des leurres (pour la plupart perdus), on aurait pu se nourrir de poisson pendant des mois.  Par exemple un beau thon jaune au marché de Gizo vaut à peine 30 dollars des Salomons (env. Frs 3.60) donc pourquoi vouloir à tout prix pêcher ?

Quand même une petite prise de temps en temps

2 langoustes échangées contre quelques vieux t-shirts

Un bon gros crabe des cocotiers. (pas mauvais avec de la mayonnaise)

Côté boissons, les noix de coco vertes sont les meilleures du monde. Compte tenu que notre frigo tourne au maximum toute la journée, car ici notre bateau est une véritable centrale électrique (nos panneaux solaires ont tout à coup un rendement impressionnant),on a décrété que la meilleure boisson fraiche au monde est la noix de coco verte.  (Après la bière, bien entendu !)

Bon, on vous rassure quand-même, on continue quand-même à boire une ou deux bières de temps en temps.

Notamment au premier plus grand centre de loisir de tout l’archipel, j’ai nommé le Tuna Bar, à Noro.

Attention, il y a quand-même un billard et des fléchettes !

 

Avant notre arrivée

Après notre départ en fin de journée

L’histoire

La plupart des gens connaissent bien sûr les Iles Salomon, et surtout Guadalcanal, par rapport aux combats qui ont opposé l’Empire Japonais et les Nord-Américains durant la Seconde Guerre Mondiale. On ne va pas vous refaire toute l’histoire,  surtout que si vous allez sur Wikipédia il y a un très bon article qui retrace tous les évènements de cette bataille.

Néanmoins, il reste encore, plus de 70 ans après, de nombreux vestiges de cette guerre et notamment un nombre important de navires coulés pendant les combats et d’avions abattus par les deux camps.

Certaines épaves sont difficiles d’accès et requièrent des compétences de plongeur que nous n’avons pas mais heureusement il y en a d’autres qui sont à quelques mètres de profondeur ou cachées dans la jungle.

Epave d’un navire japonais, Guadalcanal

Les restes d’un B-24 américain, Nggatokae Island

 

Un P-39 à une dizaine de mètres de profondeur, Seghe, New Georgia

 

Les vestiges de la piste d’atterrissage où Papy Boyington et ses Têtes Brulées faisaient décoller leurs Corsair. Vella Lavella Island. (il fait très chaud !)

 Les autochtones

Avant de partir, les habitants du Vanuatu nous disaient que leurs voisins des Salomon étaient largement moins sympathiques et surtout qu’ils ne souriaient que rarement. On nous disait aussi que l’attitude à avoir c’était d’être gentils mais fermes avec ces gens-là.  En parcourant internet, et certain forum de « cruisers », il était aussi noté que des bateaux s’étaient faits attaquer pendant la nuit et ensuite pillés. En tout cas, il fallait être sur ses gardes lorsqu’on mouillait dans ces coins.

Et bien tout ça c’est des foutaises ! Absolument toutes les personnes que l’on a rencontrées étaient gentilles, souriantes et accueillantes. Pas une seule fois on s’est senti en danger ou menacé. Alors oui, les gens sont curieux ou ils aimeraient faire un peu de troc avec nous alors ils viennent souvent en pirogue autour du bateau. Mais nous on trouve ça plutôt sympa (et c’est bien pratique pour acheter des fruits et légumes) même si après la 18ème pirogue ou celle qui passe à 6h00 du mat, des fois on a envie d’avoir un peu la paix.

Donc, il existe deux règles essentielles. Premièrement ne jamais croire ce que l’on dit sur les étrangers et deuxièment ne jamais lire ces forums de « voileux » sur internet. (à part notre blog qui est vraiment bien et tout à fait objectif)

En résumé, le mieux est encore d’aller à la rencontre des gens.

 Voici donc quelques rencontres :

Clayton de Mbili, sculpteur, qui nous amène en pirogue voir les restes du B-24 et qui, accessoirement, nous amène des belles langoustes

Paddington, le fils de Clayton et son neveu à la manœuvre. Le neveu qui aime particulièrement fumer du tabac roulé dans du papier de cahier d’école.

Le matin, une petite fille arrive en canoé pour nous offrir des fleurs. Mbareho, Marovo Lagoon.

Les habitants de Mbareho qui travaillent sur la réplique d’un « war canoe »

Henry, Talicia et Melina qui nous amènent des noix de coco et passent l’après-midi avec nous sur Magic Swan. Munda, New Georgia.

Un peu de coloriage, un dessin animé, rien de tel pour les occuper.

On teste leur embarcation

Noah, qui était juste sensé nous amener à la banque mais qui finalement passe l’après-midi avec nous au Tuna Bar. (on doit avoir une mauvaise influence)

Monique (peut être que ses parents aiment bien la France ?) que l’on croise partout où l’on va.  Toujours en admiration devant notre beauté physique. (et elle a bien raison !)

Curry, (oui oui, c’est son nom !), vendeur de noix de Bétel sur le marché de Munda. Il nous a donné un cours de machouillage de noix de Bétel.

Claude trouve ça délicieux et il est déjà sur Mars.

Les amis de Curry on l’air de mieux maitriser la situation.

Une passante très élégante qui va au marché de Munda.

Des « pikininis » dans un village au nord de Gizo

Par contre, ici, pas de rencontre avec d’autres amis navigateurs.  On a quasiment croisé aucun autre voilier dans les eaux des Salomon.

La nature et l’environnement

Ce qui fait la beauté des Iles Salomon c’est bien sûr les récifs et les fonds marins. Une plongée  dans le Roviana Lagoon et de nombreuses heures de snorkelling nous ont permis de vérifier ça. Il y a une abondance de requins, de raies, de tortues, de poissons de récifs et de poissons pélagiques impressionnante. Sans parler des coraux multicolores. Malheureusement pour vous, il n’y aura pas de photo de tout ça, parce qu’en plongée il faut savoir apprécier le moment présent et ne pas regarder cette beauté à travers un objectif

Comité d’accueil, Nggatokae Island.

 

Celui-là a eu un peu moins de chance

Il y aussi un nombre impressionnant d’oiseaux de tout genre, y compris un type de grand toucan qui fait un bruit d’enfer quand il passe au-dessus du bateau. Comme on est vraiment de mauvais ornithologues, on ne va pas vous citer tous les types d’oiseaux mais en tout cas on a reconnu des perruches de toutes les couleurs, des perroquets qui volent toujours en couple et des petits moineaux des iles ( on vous a dit qu’on était nul en ornithologie) qui s’obstinent à vouloir faire un nid dans notre mât et qui recouvrent notre voilier de leur fiente colorée.

Et si vous aimez les plages paradisiaques, et bien vous n’allez pas être déçus.

Peava, Nggatokae Island

 

Mbili Passage, Nggatokae Island

Toatelave Island

Lola Island, Vonavona Lagoon

Gizo

 

Malheureusement, le revers de la médaille, c’est que les Iles Salomon regorgent de bois précieux et les compagnies malaysiennes ont vite compris le potentiel de ses forêts. Sur presque chaque ile, les bulldozers sont à l’attaque et la précieuse cargaison s’en va vers les grands ports asiatiques.

Voilà, il est temps de quitter ce paradis pour l’Australie pendant que les conditions sur la Mer de Corail sont encore bonnes.  Dernière halte à Noro, New Georgia pour faire le plein de gasoil, acheter une ou deux boites de SolTuna et faire une réserve de produits frais.

Eezy Petrol Service

Le marché de Noro

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